Chatbot pédagogique : quels usages ?

Chapô

Les chatbot pédagogiques sont-ils l’avenir de la formation et de l’enseignement ? Pour nombre d’analystes, cet agent conversationnel serait en passe de générer des changements notables. Si cela est sans doute vrai pour des activités spécifiques, il ne faut jamais oublier que la relation humaine demeure prédominante dans l’acte pédagogique. Explications.

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Voici quelques années que les articles sur les chatbot pédagogiques se multiplient, posant la (délicate) question de leur bonne intégration dans l’univers de la formation. Selon certains, le digital learning aurait notablement modifié les modalités de la formation professionnelle, permettant à l’apprenant de devenir acteur de sa formation. Le chatbot pourrait ici constituer un outil-phare à intégrer dans les parcours de Digital Learning. Pour d’autres, cet agent conversationnel serait en pleine démocratisation. Preuve à l’appui, certaines expérimentations montreraient par ailleurs de quelle manière le chatbot pourrait avoir sa place en salle de classe, permettant de faire face à l’hétérogénéité des élèves en offrant un accompagnement supplémentaire aux apprenants en difficulté. Une problématique traitée notamment, cette année, à l’Académie de Versailles, au sein de l’Education Nationale.

Force est cependant de constater que les chatbot n’ont pas encore trouvé leur véritable place au sein de la formation et de l’apprentissage. Selon Samuëlle Dilé, c’est tout à fait compréhensible : « Il faut savoir que l’on ne trompe pas un cerveau humain : il sait pertinemment qu’il a affaire à un robot lorsqu’un chatbot s’adresse à lui. Or, l’être humain est sensible, grégaire et il ne confond pas deux notions : l’interactivité (que l’on peut avoir avec une machine) et la relation (qui renvoie aux interactions entre deux êtres humains, et qui mobilisent les affects). Au cœur de tout ceci nous retrouvons le rapport au vivant, qui joue un rôle central dans le cadre du processus d’apprentissage. Cela renvoie aux territoires du cerveau social, siège des neurones miroirs, cette catégorie de neurones qui s’activent lorsque deux êtres humains s’observent, communiquent, interagissent, etc. C’est pour cette raison que les chatbot percent encore peu en pédagogie, sauf pour des cas très spécifiques. »

Besoin d’une information technique, nécessité d’avoir accès à un facilitateur ou à un guide pour des besoins liés à des processus ou à des scénarios conditionnés : le chatbot pédagogique présente actuellement des attraits certains dans ces cas spécifiques. Une sorte de GPS donc, qui vient soutenir une démarche pédagogique pleine et entière… sans toutefois la remplacer pour l’instant. Il y a encore un peu de chemin à faire avant que l’apprenant ne considère le chatbot comme un formateur…


 

 

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