(DOSSIER) Sim Emploi : générer de la conscience et de la confiance grâce aux badges numériques


08/07/2024
Chapô

Nous poursuivons en ce mois de juillet notre réflexion relative au déploiement des Open Badges au sein de la Région Normandie. Ceux-ci reposent sur le travail de terrain de nombreux acteurs locaux. C’est notamment le cas de l'agence Sim-Emploi. Entretien avec Sébastien Barbet, responsable des agences de Saint-Lô et Coutances.

Portrait de Sébastien Barbet
Paragraphes

Vous êtes le responsable des agences Sim Emploi de Saint-Lô et de Coutances : dans quelles circonstances avez-vous développé vos propres badges numériques ?

Sébastien Barbet : L’agence Sim-Emploi de Saint-Lô appartient à un réseau de 21 agences indépendantes, ancrées chacune dans son bassin économique et son bassin d’emploi. C’est ainsi que chaque agence a développé ses spécificités, voire ses spécialisations : la taille de pierre, des travaux en hauteur, la logistique et l’événementiel, etc. Saint-Lô est la première agence à avoir été créée, en 1990, et s’est engagée il y a quelques années dans une démarche de badges numériques destinés à des publics très éloignés de l’emploi.

C’est-à-dire ?

Sébastien Barbet : Initialement, nous souhaitions apporter des solutions à des personnes réfugiées qui, à l’image des Afghans, sont venus s’inscrire dans notre agence. C’était il y a deux ou trois ans, et pour bien comprendre la problématique qui était celle de ces personnes je me suis imaginé dans leur situation : comment ferais-je, moi, si je devais trouver du travail si j’étais réfugié en Afghanistan ? Ce n’était pas facile comme réflexion, mais rapidement je me suis rendu compte qu’il était important de valoriser le savoir être ainsi que les compétences de ces personnes. Les badges numériques nous ont semblé particulièrement adaptés à cette situation, d’autant qu’à l’époque une personne de la Région Normandie, Juliette Kyburz, était venue me présenter les Open Badges. Nous en avons créé au total cinq…

Quelles sont les compétences que ces badges valorisent ?

Sébastien Barbet : Les deux premiers badges répondent aux problématiques de l’agence. Il s’agit d’abord de valider des capacités à se présenter. Ainsi, le badge « Me présenter : je sais faire » montre la capacité qu’a une personne à venir avec un CV en rendez-vous, à s’exprimer sur son parcours, à argumenter, à présenter ses attentes, etc. Le second badge, appelé « Comprendre les procédures : je sais faire », valide une capacité à comprendre des consignes de travail, des horaires, l’organisation de l’entreprise, ses procédures... Trois autres badges ont par ailleurs été déployés pour nos clients, c’est-à-dire pour les entreprises qui nous font confiance. Ils valident respectivement l’adoption d’une attitude professionnelle, la capacité à comprendre des consignes ainsi que des compétences de bricolage. Nous y insistons par exemple sur le respect des règles de sécurité, la détection par soi-même d’erreurs, la capacité à faire du montage de meubles en exécutant des instructions écrites, le rendement… Au total, nous avons ainsi délivré plus d’une vingtaine de badges.

Qu’apportent ces badges à vos publics ?

Sébastien Barbet : Je dirai qu’ils génèrent à la fois de la conscience et de la confiance. Destinés à un public éloigné de l’emploi – des réfugiés donc, mais aussi des jeunes issus des Missions Locales de notre bassin d’emploi –, ils offrent à chacun la possibilité de faire le point sur ses propres compétences. Ce faisant, les badges numériques génèrent un début de confiance en soi que chacun peut faire grandir ensuite dans le cadre professionnel qui est le sien. Dans le cas spécifique des Afghans, l’initiative a permis de valoriser des expériences qui n’entrent pas nécessairement dans les normes françaises. Nous avons renversé le regard, posé le problème à l’envers, en partant véritablement des besoins de ces personnes. Nous avons également pris en compte les attentes des employeurs, et articulé l’offre avec la demande. Et puis il faut aussi signaler que ces badges nous permettent de plus en plus d’entrer en interaction avec des structures telles que le Conseil Départemental ou la Région Normandieal. Des retours d’expérience sont mis en place, des échanges… Peu à peu nous nous rendons compte qu’une émulation est en train de voir le jour et de se déployer à l’échelle du territoire.

 

 

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