28/03/2023
La théorie du « flow », édictée il y a presque un siècle, demeure plus que jamais d’actualité. Elle est tout particulièrement développée dans le cadre des formations « gamifiées », où la dimension ludique permet d’entraîner les apprenants vers l’effort et la progression. Rappel de quelques principes clés.
C’est un moment qui est souvent présenté comme étant celui d’une plénitude, ou tout du moins d’une harmonie : le « flow » (flux) désigne un état d’immersion totale dans une activité, synonyme de résultats en termes d’acquisition de savoir-faire et de compétences. Conceptualisé par le psychologue américain Mihaly Csikszentmihalyi dans les années 1930, il se caractérise par un sentiment d’effort et de plaisir mêlés, au sein duquel la concentration est optimale. La motivation joue ici un rôle majeur dans la mesure où c’est elle qui emmène l’apprenant à s’engager dans une activité pour le plaisir que celle-ci lui procure.
Dans le flow, la concentration joue un rôle pivot et le jeu en est le meilleur vecteur. « C’est pour susciter la motivation que les ingénieurs pédagogiques et les formateurs construisent des parcours dits ‘gamifiés’, où la notion de jeu permet d’attirer l’apprenant vers l’effort : il s’agit bel et bien là d’un processus motivationnel puissant, principalement efficient en cas de peurs, de défiance ou de conduite du changement », explique Samuëlle Dilé, experte en neurosciences et en pédagogie multimodale.
Mais la pédagogie « gamifiée » doit se faire en respectant certaines règles, comme le rappelle notamment cet article paru dans le magazine de la veille pédagogique Sydologie. Des objectifs clairs et précis, des apprenants dotés de compétences minimales et un feedback immédiat en sont les principales clés. « Lorsque l’on réalise un parcours pédagogique en mobilisant le jeu, il faut également qu’il y ait du gain », conclut Samuëlle Dilé. « Il faut par exemple avoir des points à gagner, des niveaux à atteindre, visualiser immédiatement si l’on réussit ou non, ce qui implique que le formateur a bien réfléchi en amont au scénario qu’il veut déployer. »
Sur le plan scénaristique, l’ingénieur pédagogique doit fabriquer un scénario conditionné reposant sur une histoire, des éléments et événements perturbateurs, une progression avec des gains tangibles et des stratégies libres d’action. Il ne doit pas oublier non plus de formuler des consignes simples : dans un jeu, la compréhension doit se faire en moins de 2 minutes, c’est essentiel ! Une mécanique particulière donc, qui fait écho à un savoir-faire métier émanant du concepteur pédagogique…