Métarverse : où en est la formation professionnelle ?

Chapô

Dans quelle mesure le métaverse s’apprête-t-il à se déployer dans l’univers de la formation professionnelle ? Sur ce point, deux choses sont claires : d’une part, nous n’en sommes encore qu’au stade de l’expérimentation ; d’autre part, nous aurons toujours besoin de contact humain afin d’apprendre…

Icône innovation
Paragraphes

Il est annoncé comme l’un des bouleversements majeurs à venir : le métaverse devrait à l’avenir irriguer des pans entiers de nos vies personnelles et professionnelles, supplantant Internet et offrant au « monde réel » une réalité nouvelle parce que virtuelle. Qu’en est-il dans l’univers de la formation ? 

Un article récemment paru sur la plateforme du Management de la formation fait le point sur les impacts à venir du métaverse. Il y a un an, en 2021, l’université de Stanford (Californie) a proposé à 263 étudiants un cours dispensé en partie en immersion dans un métaverse, c’est-à-dire dans un univers entièrement dématérialisé. Pour ce faire, chaque étudiant disposait d’un casque de réalité virtuelle, et a effectué 13 heures sur un total de 20 semaines d’enseignement. Ceci pour dire combien nous en sommes encore au stade de l’expérimentation, y-compris en France où certains établissements du secondaire se mobilisent, à l’image de notamment l’Iscom et de la Paris School of Technology & Business. Signalons toutefois qu’à compter de la rentrée prochaine, le Metaverse College se propose de former les étudiants à cette technologie nouvelle, dans une logique qui demeure celle de l’alternance entre cours « en présentiel » et cours en réalité virtuelle. Quant au groupe Kwark, il a décidé d’aller encore plus loin en proposant dès le mois de septembre à venir un métaverse destiné aux entreprises, aux institutions, aux OF ou encore aux CFA. Une initiative encore très rare…

« Je suis assez d’accord pour dire qu’il reste encore du chemin à parcourir afin de mobiliser le métaverse, même si l’on observe d’ores et déjà quelques premiers changements », estime Samuëlle Dilé. « Il convient toutefois d’exercer un regard critique sur cette nouvelle technologie. J’ai déjà eu l’occasion de dire à plusieurs reprises combien nous étions tous, en tant qu’apprenants, des êtres de sensation et d’émotions. Or, c’est précisément avec ces éléments que l’on apprend, et que l’on fait de la pédagogie ! On ne dira jamais assez combien nous avons besoin de ressentir les choses. Pour autant, le métaverse est  une technologie qui sera très utile dès lors qu’il s’agira de réaliser de la simulation de situations (exemple : simulation de jeux de rôles dans l’accueil clients, dans la vente), de la pédagogie pour des savoirs procéduraux ou encore de l’apprentissage de gestes métiers à distance. »

Le métaverse et ses mondes virtuels immersifs posent plus largement la question du “corps dans l’apprendre”. Certes, cette nouvelle technologie favorisera la dimension projective… mais les ancrages sensoriels seront-ils suffisants pour que l’apprentissage soit au rendez-vous et transférable dans le réel ? La question est ouverte : à  méditer et à suivre…

Pour poster un commentaire, veuillez vous identifier.

Connexion