Relevé des temps de présence en formation digitale : vers un changement majeur de référentiel ?

Chapô

La loi de septembre 2018 sur la formation n’impose plus clairement aux structures de formation digitale que celles-ci fournissent des justificatifs tels que le relevé de temps de connexion. Certains experts voient dans cette évolution un bienfait. Et si la formation digitale – et peut-être l’ensemble du champ de la formation – devait désormais être indexée sur son efficience ?

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C’est une disposition législative qui prête à discussions, et qui augure peut-être d’un changement majeur pour ce qui est du référentiel temps propre à la FOAD (formation ouverte à distance). Jugez plutôt : selon la loi de septembre 2018 et dans le sillage des deux décrets liés à l’AFEST et à la FOAD, le relevé du temps de connexion semble de moins en moins procéder d’une obligation stricte. En effet, si aucun texte réglementaire n’oblige l’opérateur à fournir le temps ou la durée de connexion, le décret du 28 décembre 2018 relatif aux actions de formation et aux bilans de compétences demande à la structure de formation de fournir un « élément probant » justifiant de la réalité des sessions de formation. De quoi s’agit-il exactement ? Pour bon nombre de professionnels, dont Jean Vanderspelden et Samuëlle Dilé font partie, cette notion d’« élément probant » est suffisamment libre pour autoriser de nombreuses interprétations. C’est notamment ce qu’indique Jean Vanderspelden dans l’un de ses récents articles parus sur la plateforme du FFFOD, le Forum des acteurs de la formation digitale.


Samuëlle Dilé abonde. « Avec ce nouveau cadre législatif, nous ne sommes plus dans l’obligation de fournir des feuilles d’émargement, des informations liées aux temps de connexion, etc. C’est intéressant dans la mesure où le temps, qui a longtemps été le référentiel clé de la formation, est en passe de céder sa place à d’autres aspects. Il faut en effet savoir que depuis la réforme de 1972 l’indicateur temporel a été l’unique élément de référence permettant de mesurer la formation. Nous commençons peu à peu à nous éloigner de cette approche culturelle, et en tant que pédagogue je crois qu’il faut s’en réjouir. Il me semble en effet plus juste de mesurer la qualité d’une formation à travers son efficience. Que fait l’apprenant concrètement ? Est-il concentré ? A-t-il suivi et complété le chemin pédagogique qui a été tracé ? Cela ouvre la porte sur la notion d’individualisation. Certains apprenants vont avoir besoin de plus de temps que d’autres pour acquérir la compétence qu’ils sont venus chercher : tant mieux ! Après tout, chacun est différent, non ? Nous sommes donc bien en train d’amorcer un autre modèle où la compétence réelle, acquise, devient un référentiel. À titre personnel, je pense que c’est une bonne chose. »

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