16/05/2024
Le développement de l’intelligence artificielle générative dans nos métiers pose de nouveau, avec une acuité renouvelée, la question de l’impact environnemental en formation professionnelle.
L’essor de l’IA générative, son déploiement massif, son succès auprès de certains acteurs viennent-ils bouleverser, en les amplifiant, nos pratiques digitales ? Alors que les effets réels de l’intelligence artificielle générative sont encore loin d’être mesurés - de même d’ailleurs que leurs conséquences sur les pratiques des formateurs comme des apprenants -, il convient de se poser la question du poids écologique de ce qui semble relever d’une rupture dans nos métiers.
Dans un dossier récent, Communotic s’interrogeait sur le défi du numérique responsable que les organismes de formation sont actuellement en train de relever. Cette question est prolongée dans ce podcast du média coopératif et citoyen Le Moment. Dans le sillage de l’étude 2022 menée par l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) sur les impacts du numérique sur l’environnement, on apprend notamment dans cette ressource de quelle manière nos usages digitaux professionnels et personnels ont un impact sur l’empreinte carbone.
L’IA générative est notamment pointée du doigt par les auteurs – journalistes, éditeurs de solutions, chargés de projet… – du podcast : selon une équipe de recherches de l’Université de Copenhague, une séance d’entraînement pour ChatGPT-3 (estimée selon nos calculs à 280 jours) équivaut à la consommation de… 126 maisons en une année ou 700 000 kilomètres parcourus en automobile ! De quoi réfléchir avant de se lancer dans une formation, comme le rappelle cette note du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Selon son autrice, Emmanuelle Frenoux, maîtresse de conférences à l’Université Paris-Saclay, l’omniprésence du numérique en formation doit nous amener à prioriser nos besoins, voire à modifier certaines de nos pratiques. Parmi celles-ci figure un usage rationnalisé de la visioconférence ainsi que le téléchargement du matériel pédagogique mobilisé. Cette dernière option a l’avantage de permettre aux apprenants de consulter les documents pédagogiques sans avoir besoin de 4G ou de Wifi.
Selon la spécialiste, le recours à l’IA s’inscrit dans cette même veine et serait donc à utiliser avec responsabilité. Nous n’avons pas fini de nous interroger sur les impacts de l’IA en formation, sur ses effets et ses applications…
(Image : Rawpixel / Freepik)